Space Adventure Cobra - le Film

La première série Cobra fut un phénomène en France lorsqu'elle fut diffusée sur Canal+ en 1985 dans l'émission Cabou Cadin, puis sur Récré A2 la même année. Le film qui en a été tiré, très différent, est considéré par beaucoup comme la meilleure adaptation cinéma d'un manga. Dans ce topic nous présenterons et discuterons de chaque épisode et de tout ce qui concerne cette série ou ce film, tels les éléments de background (personnages, objets...), le staff technique, le cast, les musiques, goodies, cosplays, et inspirations diverses. Des captures et des liens seront également publiés pour diffuser les animes complets ou en extraits si possibles.
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Space Adventure Cobra - le Film

Messagepar itikar » ven. sept. 22, 2023 9:05 pm

Peut-être tout simplement, avec certes une pointe de subjectivité, un des meilleurs films d'animation adapté d'un manga, avec Macross : Robotech le film, l'Arcadia de ma jeunesse, ainsi qu'une petite poignée d'autres, Space Adventure Cobra : le film peut être encore aujourd'hui récupéré dans le commerce à un prix pas trop cher grâce à ce coffret, contenant également la re masterisation de la série de 1982 (les captures sont celles de mon édition reçue hier après commande chez Amazon).

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Cela a en tout cas été un de mes très gros chocs artistiques et graphique lors de mes jeunes années.

Avant tout artistique car, choix étonnant, le film Cobra s'éloigne nettement de son modèle animé classique, à l'époque exclusivement la série de 1982.
En effet, dans le film, la violence passe au second plan derrière l'émotion et même une certaine romance, un peu comme si Cobra était regardé au travers les doux yeux d'une de ses conquêtes.

On peut voir le film sur Youtube mais dans une qualité assez médiocre, tant au niveau de l'image - un écran est filmé - que du son - le micro rend un son métallique - , ce qui est particulièrement dommage pour ce film donc si vous pouvez je vous conseille fortement de le regarder dans une meilleure qualité :



Bien sûr, comme toujours dans le domaine, le site de Cobraworld en parle abondamment à travers toute une rubrique dédiée fort bien remplie bien qu'il ait été visiblement moins impressionné que moi, qui le suis encore plus aujourd'hui trente ans plus tard, mieux armé pour en découvrir toute la force profonde, même si à force de le revoir, il a revu petit à petit sa copie comme on le voit à travers plusieurs extraits choisis au point de finalement parler de lui comme "un des plus beaux films des années 80". Et je plussoie volontiers comme je l'ai dit déjà plus haut, ce film est une pépite absolue :hat:

Quelques mois seulement avant la première série télé bien connue des fans, Cobra se voyait adapté une toute première fois en un long métrage, sous le titre "Space Adventure Cobra". Sorti dans les salles obscures nippones le 3 juillet 1982, ce film, qui avait bénéficié d’un budget très conséquent pour l'époque, reprenait en partie l’histoire des trois sœurs, Jane, Dominique et Catherine, mélangée à un autre chapitre du manga, La Porte Dorée. Sur plus d’1h30, on allait suivre un Cobra qui se révèlerait être plus spectateur que réel acteur du drame qui aller se jouer. Un film onirique, bien plus orienté sentiments et destin inéluctable, au contraire de ce que sera la série télé un peu plus tard, plus proche du manga original, avec son mélange de fun, d'action et avec un Cobra "maître de son destin". C'est d'ailleurs à cause de cette "distance" avec son œuvre sur papier que Buichi Terasawa n'aimera pas trop le résultat final de ce long métrage...
Cette section complète, revue et corrigée, revient intégralement sur ce film à travers diverses pages spécifiques.

Nota : dans les diverses pages qui suivent, j’utiliserais par défaut les noms originaux.


Fiche technique simplifiée :

Informations générales
Titre original Space Adventure Cobra Gekijôban (スペースアドベンチャー コブラ 劇場版)
Auteur Buichi Terasawa (寺沢武一)
Date 3 juillet 1982 (au Japon - cinéma) - 1995 (France - VHS)
Scénario Buichi Terasawa (寺沢武一), Haruya Yamazaki (山崎晴哉)
Réalisation Osamu Dezaki (出崎 統), Yoshio Takeuchi (竹内啓雄)
Direction Animation Akio Sugino (杉野昭夫)
Direction Artistique Shichiro Kobayashi (小林七郎)
Photographie Hiroko Takahashi (高橋宏固)
Musiques Osamu Shôji (東海林修)(VO) - Yello (VF, VA)
Production Yutaka Fujioka (藤岡 豊), Tetsuo Katayama (片山哲生)
Studio de Production Tokyo Movie Shinsha (東京ムービー新社)
Editeur France Manga Vidéo (VHS) - Fox Pathé Europa (DVD) – Manga Distribution (DVD)
Genre Aventure SF, Drame
Durée 99 minutes
Public Pour adultes et adolescents


Casting japonais / français
Cobra Shigeru Matsuzaki Jean Claude Montalban
Lady Yoshiko Sakakibara Laurence Dourlens
Jane Akiko Nakamura Séverine Morisot
Catherine Toshiko Fujita Laurence Dourlens
Dominique Jun Fubuki Laurence Crouzet
Crystal Boy Goro Mutsumi Gérard Berner
Sandra Reiko Tajima Laurence Crouzet
Topolo Akira Kume Franck Capillery



Résumé complet du site de Cobraworld :

(Attention, spoiler : si vous n'avez pas vu ce film, ne lisez peut-être pas cette partie !)

Myrus est une planète artificielle qui a la particularité de ne pas être reliée à un système et qui "voyage" à travers l'espace. Malheureusement, il y a un siècle environ, elle est entrée dans une région hostile où la guerre régnait entre deux peuples. Frappée par des armes dévastatrices, toute vie disparue petit à petit de la surface de Myrus, la rendant inhospitalière pour une centaine d’années. Seules trois survivantes en rechapèrent, cryogénisées et envoyées dans la 7ème galaxie : Jane, Catherine et Dominique, les trois filles de la reine. A leur réveil, longtemps après, elles savent qu’il n’existe que deux solutions pour reprendre la succession de leur planète : soit les 3 sœurs tombent amoureuses du même homme pour pouvoir "fusionner" en une seule entité, soit il ne doit en rester qu'une seule…

Jane, devenue chasseur de prime, rencontre par hasard Cobra et tombe amoureuse de lui. Elle lui demande alors de l'aider à délivrer Catherine, prisonnière du terrible Crystal Boy. Cobra accepte, mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que Catherine est en fait amoureuse du terrible homme de verre et qu'elle désire devenir la seule reine de Myrus ! Cobra tombe malgré lui dans un piège et se retrouve cryogénisé tandis que Catherine tue elle-même sa sœur ! Avant de rendre son dernier souffle, Jane transmet toute sa force et son amour à Cobra qui retrouvera la vie (en quelque sorte) et parviendra à s'échapper.

Cobra retrouvera Dominique quelque temps plus tard, la troisième sœur faisant partie d’un groupe de femmes rebelles menées par la borgne Sandra, les Snow Gorillas. Dominique tombera à son tour amoureuse de Cobra, comme le souhaitait Jane. Mais Crystal Boy a repéré la base des rebelles : il extermine quasiment tout le monde et réussira à tuer Dominique. Ce dernier souhaite en effet que Catherine devienne reine afin qu'elle dirige sa planète (étant artificielle, elle peut en prendre le contrôle) en collision avec un autre système afin de provoquer des millions de victimes. Avec cette démonstration de force, non seulement il espère devenir le maître de l'univers, mais aussi pouvoir commander à une armée gigantesque de morts (lui même étant "mort"). Le final a lieu sur la planète Myrus même. Cobra ne peut empêcher Catherine, nouvellement reine, de prendre le contrôle de la planète et de la diriger droit vers une catastrophe certaine. Mais il parvient à vaincre son terrible adversaire de toujours et ce faisant, Catherine retrouve ses esprits. Celle-ci était en réalité sous l’emprise de Crystal Boy et n’était pas consciente de ses actes. Jugeant la situation actuelle, Catherine décide de se sacrifier en provoquant l’autodestruction de la planète, ne pouvant changer une 2nde fois la trajectoire...

Analyse et Commentaires

Le film de Cobra (Space Adventure Cobra Gekijôban) est sorti dans les salles obscures nippones le 3 juillet 1982. Sur près de 100 minutes, on va suivre un Cobra plus spectateur que réel acteur d’une aventure qui le dépassera complètement par moment. Que les choses soient claires pour ceux qui n'ont pas encore vu ce long-métrage : le ton est résolument différent de celui de la série télé qui suivra quelques mois plus tard, plus fidèle au manga original, et c’est sans doute pour cela que le film n’est pas apprécié de tout le monde, à commencer par Terasawa lui-même, qui ne fut pas trop impliqué au niveau de sa réalisation.

Resituons un peu la période : l’idée d’adapter Cobra en animé se fera jour au cours de l’année 1981, probablement dans la seconde moitié de l’année. Le héros au psychogun avait déjà un bon nombre d’histoires au compteur (les dernières histoires ayant été publiées cette année là étant "Le Roi Dragon Noir", "Black Bullet" et "La course d’une autre dimension". La saga "Salamandar" s’était terminée l’année d’avant) . Fin 1981, des premiers articles voient le jour sur Cobra : des esquisses, quelques crayonnés, des commentaires et réflexions… Cela concernait l’épisode pilote, le film ou la future série télé. 2 adaptations vont alors avoir lieu en parallèle : l’épisode pilote et le film. Ces 2 adaptations seront diamétralement différentes : le pilote est plus proche du manga, tournant surtout autour de l’amnésie de Cobra, et on y retrouve certains personnages et lieux connus. Certaines scènes seront d’ailleurs reprises à l’identique quelques mois plus tard dans la série télé. Le film quand à lui va partir sur une tout autre ambiance. Se basant sur les personnages principaux de la saga de l’Arme Absolue (les 3 sœurs, Crystal Boy et Sandra), le scénario va prendre un virage onirique et sentimental aux antipodes de ce qu’est le manga original. On y retrouve Crystal Boy en ennemi principal, mais au lieu de poursuivre des tatouages et un trésor ultime, c’est le contrôle d’une planète artificielle qui devient l’enjeu de toute cette aventure. Une idée très certainement empruntée à la dernière histoire manga qui était alors en cours d’écriture : "La Porte Dorée" (黄金の扉 - Ogon no Tobira). Cette histoire ne sortira dans le Weekly Jump qu’en juin 1982, soit juste un mois avant le film, mais il est à peu près évident que cette idée de la planète artificielle menaçant tout un système a du être discutée entre Buichi Terasawa, Osamu Dezaki et Haruya Yamazaki (scénariste).

L’ensemble va tout de même subir beaucoup de transformations : certains personnages gardent un rôle assez semblable au manga, d’autres se voient complètement réécrits, à l’image de Catherine par exemple qui prend ici une toute autre dimension. Le film a clairement voulu donner un équilibre entre les 3 sœurs et y parvient très bien à mon avis. Crystal Boy pour sa part perd sa célèbre pince, mais la remplace par une de ses propres cotes pour en faire une arme mortelle ! L’idée n’est pas dénuée d’originalité... Cobra quand à lui fera apparaître son psychogun plus par "magie" qu’en enlevant une prothèse, et là pour le coup c’est plus discutable, même si cela rajoute un peu encore à toute l’ambiance mystique du film... D’autres changements sont notables ici et là, témoins de cette ambiance justement très différente de celle de la série animée à venir... A bien y regarder, pourtant, certains passages seront repris pratiquement à l'identique dans la série télé, comme par exemple la prison volante et Cobra qui court partout dans les couloirs à la recherche de Catherine, ainsi que sa grande chute dans un bassin d'eau. La scène avec les "Snow Gorilla" et l'attaque du convoi, bien que différente dans la série télé, est tout de même très proche au final sur le principe. On ne peut nier l’influence du film sur la série à suivre et la reprise de certains passages, même si le résultat est très différent...

Le scénario est en place, la réalisation peut commencer. Osamu Dezaki (avec son jeune assistant, Yoshio Takeuchi) va alors effectuer un travail extraordinaire et d’une excellente qualité, réunissant autour de lui certains habitués (Akio Sugino, Shichiro Kobayashi, …) et bénéficiant d’une équipe très conséquente. Le budget même est d’ailleurs très conséquent pour l’époque et rares sont les films qui auront eu une telle opportunité (je n'ai hélas pas de chiffres précis). Entre 250 et 300 personnes vont travailler sur le film et concernant l’animation proprement dite, ce n’est pas moins de 132 personnes (!) réparties sur 12 studios principaux (plus une 10aine de studios annexes) qui vont s’occuper de créer les dessins ! A noter dans ce staff certains noms prestigieux tels Kôji Morimoto, Shingo Araki et Michi Himeno, Shinji Otsuka, … En termes d’animation, le résultat est tout simplement somptueux, rivalisant sans problème avec d'autres productions "fortes" de l'époque.

La réalisation de Dezaki va donc clairement donner la part belle aux sentiments et aux phases dramatiques du scénario. Les différentes morts qui surviendront seront autant de moments dramatiques et mélancoliques, avec un Cobra impuissant malgré lui. Un style qui caractérisera tout de même Dezaki tout au long de sa carrière, où il excellera dans les séries dramatiques, lui qui venait justement d’en terminer avec "Ashita no Joe 2", qui restera à jamais l’un de ses chefs-d’œuvre.

Les fans habitués aux scènes d’action plus présentes et au côté western-fun du manga ou de la série animé seront peut-être un peu déçus par ce rythme volontairement plus lent (quoique…). L’ambiance musicale est également très différente entre le film et la série télé, les compositions originales d’Osamu Shôji faisant plus dans la bande son sérieuse que dans le côté un peu fun et débridé des musiques jazzy de Kentarô Haneda. Mais ce qui change peut être surtout, par rapport à l’œuvre originale ou à la série télé bien connue, c’est le rôle même de Cobra. Au final il n’aura rien pu sauver ni personne : aucune des 3 sœurs, ni Sandra, ni la planète Myrus… Dès le départ, il n’était pas maître de son destin : choisi sans le savoir par le professeur Topolo pour être l’élu de cœur des trois sœurs Flower, il ne sera quasiment qu’un pion sur l’échiquier du drame qui se joue. Cobra servira d’arme pour Jane et Dominique, tandis que Crystal Boy jouera le même rôle pour Catherine. Le destin de la planète Myrus est lié à celui de ces trois sœurs et Cobra ne pourra rien y changer. Au final, la réelle force mise en œuvre dans le film est celle de l’Amour, bien plus que la force ou tout autre chose. C’est cet amour qui fera revenir Cobra, après sa cryosuspenssion, auprès de Jane mourante, dans une scène d'une pure beauté. C’est cette même force que Dominique va tenter d’expliquer à Cobra, avant de mourir à son tour. C’est enfin sur un dernier amour perdu, celui de Catherine pour Cobra, que le film se terminera, dramatiquement bien entendu. L’Amour est au centre du film de Cobra, à travers les trois sœurs qui l’exprimeront chacune à leur façon, autant par des mots que par des actes. Des témoignages d’ailleurs visuellement exprimés par une certaine nudité présente (rien de vulgaire, bien au contraire), image même d’un amour pur.

Le film de Cobra ne présente pas de happy-end classique. Certes, Cobra sauve tout de même tout un système de la collision avec Myrus, mais c’est tellement en arrière plan que ce n’est pas vraiment une victoire en soit. Cobra, mi-acteur, mi-spectateur, a participé à une aventure où il s’en sort vivant, où il bat au final son ennemi de toujours, mais où la mélancolie et les souvenirs sans doute teintés de tristesse sont les seules choses qui lui restent. Une victoire au goût amère... Dezaki (avec Sugino et Yamazaki entre autres) n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il venait de conclure "Ashita no Joe 2" sur une situation tout aussi dramatique (hérité du manga, par contre – je n’en dirais pas plus pour ceux qui ne connaissent pas).

Ce film déplaira donc aux fans habitué à "l’autre" Cobra, mais déplaira aussi à Buichi Terasawa qui n’y retrouvera finalement pas l’ambiance qu’il a crée à la base, notamment le côté western pas assez présent à son goût. D'ailleurs, il semblerait (d'après interview) que Buichi Terasawa n'était même pas au courant au début qu'une adaptation en film allait avoir lieu... Bien que cité finalement au poste de scénariste, avec Haruya Yamazaki, je ne saurais par contre dire quelle fut la réelle contribution du mangaka au scénario final... Cependant, Dezaki sera tout de même confirmé sur la série télé, où là cette fois-ci on aura droit au Cobra jovial, insouciant et invincible que l’on reconnaitra plus, et sans doute aussi parce que Buichi Terasawa sera bien plus présent, ne serait-ce qu'à la relecture / correction des scripts, sur cette série télé.


Avis personnel de Cobraworld :

Pour ma part, pour être tout à fait honnête, la toute première fois que j’ai vu ce film, je ne l’ai pas aimé plus que ça. Sans doute, comme beaucoup, trop marqué par la série télé si magistrale... Puis j’ai eu l’occasion de lire quelques commentaires dessus et de le revoir par la suite, avec un regard complètement neuf. Et là, l’impression était vraiment différente, au point que je considère désormais ce film comme l’un des plus beaux de la première moitié des années 80. Il a son style et il est très ancré dans cette époque, mais il présente tout de même de très belles qualités, tant au niveau de la réalisation et de l'animation, qu'au niveau de l'histoire globale si on accepte de mettre entre parenthèse le manga original ou la série télé. Et c'est en effet un point primordial, selon moi, pour vraiment l’apprécier : accepter de le voir sous un angle bien différent de celui de la série télé. C’est un tout autre Cobra que l’on a là, pour un film complètement à part où l’Amour est au centre du sujet...

Captures :

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il nous faut devenir adultes pour comprendre que les adultes n'existent pas et que nous avons été élevés par des enfants que l'armure de nos rires rendaient faussement invulnérables.(Christian Bobin)

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Re: Space Adventure Cobra - le Film

Messagepar Gandalf l'Aigri » sam. sept. 23, 2023 12:30 am

Oui, le film est magnifique, et bien différents de l'histoire originale.

Crystal Boy l'Homme de Verre me parait plus terrorisant, dans ce film.

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Re: Space Adventure Cobra - le Film

Messagepar Scarabéaware » sam. sept. 23, 2023 9:37 pm

Déjà toi super pour l'achat du coffret récent :super:.

Concernant le film maintenant, je l'ai d'abord vu avant de voir l'anime et j'ai adoré direct, on peut dire que ça faisait un excellent pilote à la série avec cette version plus portée sur l’émotion, comme tu dis ça pourrait être du point de vue d'une de ses conquêtes après tout avec cette atmosphère différente de l'anime qui ressort :D.

Et tiens tant qu'on y est je vais également replacer le commentaire que j'avais fait à l'époque : viewtopic.php?p=985927#p985927 ^^. Je crois que je pourrais me faire du revisionnage à un moment :D.

Scarabéaware a écrit :J'ai donc commencé par voir le film d'animation sorti en 1982 quelque mois avant l'anime de base donc. Il faut en savoir que, d'après ce que dis le livret, ce film reprend l'histoire des trois filles du commandant Nelson et l'affrontement face à Crystal Bowie/Crystal Boy/L'homme de verre mais sur une trame scénaristique issue du manga, dans sa partie inédite : La Porte Dorée. Voila un peu pour la petite indication, je suppose qu'on en revoit quelque chose dans l'anime, en tout cas y avait eu le film comme ça.

Enfin voila, de ce que j'ai vu j'ai donc largement apprécié, c'est plutôt bien touchant et il en ressort finalement là aussi une certaine poésie, différente du Leijiverse bien évidemment mais qui pointe quand même. On se laisse bien embarquer, on commence tout d'abord à voir Jane, chasseuse de prime qui en fait recherche Cobra. Ils se rencontrent et on peut dire que le courant passe très bien entre les deux lol. Ah c'est limite cocasse comme elle s'amourache de lui, enfin en même temps on comprend pourquoi ensuite. C'est pas pour sa valeur de 7 000 000 en tout cas :mrgreen:. Dans tous les cas on peut dire que la Jane a de son charme et que nous avons de fort belles vues avec elle mais aussi ses sœurs. Ainsi le fait est que Jane devait trouver l'amour et c'est auprès de Cobra qu'elle le fait, pour illuminer sa planète d'origine Milos ou Myras apparemment. En regardant la VOSTFR j'avais la traduction Milos. On a d'ailleurs là une planète qui peut faire penser à Râ Metal (Voir avec le pilier Galaxy Express 999) dans son principe de planète qui voyage en somme, quoique là pour le cas de Milos elle ne fait pas de passage vers la Terre et n'est pas éjectée de son orbite. Enfin on a de quoi avoir une légère pensée quand même. Cette planète s'est retrouvée polluée il y a 100 ans et 3 sœurs que sont Jane, Dominique et Catherine ont été envoyées dans l'espace pour un jour y revenir une fois que tout ce serait arrangé mais pour cela il fallait que soit les 3 tombent amoureuses du même homme ou alors qu'une seule survive pour être considérée reine. Toutefois un problème se présente avec l'une des 3 soeurs qui est sous l'influence d'un ennemi de Cobra, appelé Crystal Boy assez compliqué à affronter comme nous pouvons le voir. On a une certaine lutte qui s'engage, je reviens pas sur tout mais il y a d'abord un premier affrontement qui nous donne un petit coup de tragique obligeant Cobra à aller à la rencontre de Dominique qu'il finira par trouver auprès d'une armée de femmes, les Gorilles des neiges :mrgreen:. Mais là encore ça finit plutôt mal pour Dominique, on peut dire que Cobra n'est guère chanceux :siffle:. Ah pis ça nous met un peu de poignant, n'empêche que ça prend aussi une belle forme tout ça, on se laisser charmer par cet amour qui ressort autour de lui avec ses sœurs. Oh pis il ne faut pas oublier le professeur Toporo qui veille en esprit, instigateur qu'il est de cette mission d'amour les ayant lancées sur Cobra. Après les évènements que nous avons par rapport à Jane et Dominique il ne reste donc plus que Catherine toujours sous la coupe de Crystal Boy et donc devenue reine avec la mort des deux autres. De fait la direction vers Milos est prise, Crystal Boy ayant le projet de faire changer la trajectoire de la planète pour faire exploser tout un système et appuyer sa domination sur l'univers en faisant une démonstration de force. Ah d'ailleurs on peut voir que nous avons une guilde bien puissante face à laquelle s'oppose Cobra. Nous en venons donc à assister à un bon combat entre Cobra et Crystal Boy avec le premier qui aura eu une idée bien ingénieuse pour venir à bout de son ennemi. Bon par contre on a malgré tout encore un brin de tragique qui touche encore bien...Au final le Cobra reste pirate solitaire accompagné de Lady, le pilote Androïde de son vaisseau :D

On se laisse donc bien prendre par tout ce déroulement, nous avons également une bonne musicalité et je me disais que j'appréciais beaucoup le générique de fin qui m'a encore plus particulièrement touché, qui m'a fait bien de son effet. Je comprend pourquoi du coup puisque que les musiques du film ont été composées par Osamu Shoji qui avait composé pour Sayonara Galaxy Express 999. Ah et là je dois dire qu'avec le générique de fin ça se ressent encore plus, c'est dingue l'effet :D. Bon pis en dehors de ça nous avons les petites impressions Star Wars, l'influence ce sent bien là ;).
Bref, c'est un régal et une excellente réalisation aussi. De quoi bien aborder par rapport à l'anime de base.
ALL HAIL PALPATINE, ALL HAIL FREEZER, ALL HEIL ZORDER, ALL HAIL EREN, ALL HAIL SKYNET, ALL HAIL BRITANNIA, ALL HAIL WILLIAM DELOS.
Venez jouer avec Bob Image.

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Re: Space Adventure Cobra - le Film

Messagepar itikar » dim. sept. 24, 2023 6:16 pm

Je l'ai revu aujourd'hui, occasion de me rafraichir la mémoire, car je me rappelais essentiellement qu'il était exceptionnel, même dans le cercle ouvert du manga. Premièrement, on ressent que l’œuvre de Buichi Terasawa, ici oeuvrant très peu vraisemblablement sur le scénario au côté de Haruya Yamazaki, est utilisé presqu'en filigrane pour accoucher de quelque chose de très différent, donnant à son alors plus illustre personnage sa plus noble et romantique itération. Le psychogun de Cobra apparait sur concentration de son possesseur, à la place de son bras. De nombreux éléments organiques s'associent à la technologie pour assurer un spectacle dépaysant et parfois fantastique, telle cette tête coupée qui continue à vivre, ou encore cette belle et onirique licorne d'énergie que chevauche Dominique. Enfin, le psychoroide change totalement et ma foi fort joliment de design pour en faire un vaisseau spatial encore plus marquant. Il fait revenir la chef des gorilles des neiges sous le nom de Nadia et même la cyborg Armanoïde change de nom, pour devenir Andromeda. Le réalisateur, Osamu Dezaki , suit presque de manière scolaire le script de Buichi Terasawa de ce côté, il ne dénature jamais ses personnages, mais va néanmoins se permettre, heureusement, bien plus de liberté que celles là.

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tête du moine fou, encore vivante.

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Le psychoroïde

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La licorne d'énergie de Dominique, Lady Godiva à ses heures pour mieux charmer Cobra

Le film peut être divisé en trois actes principaux, et une introduction.
C'est sommes toutes classique dans les aventures de Cobra.
On démarre par une exposition de personnage, ici Jane Flower, une chasseuse de prime très efficace qui rêve de rencontrer Cobra, que Cobra va vite suivre dans la mégalopole capitaliste d'une planète technologiquement avancée, centre fédéral de la galaxie.
Alors va commencer la quête en trois actes donc, quête démarrant par la "libération" de Catherine, la deuxième sœur de Jane, apparemment emprisonnée par la confrérie dans une prison mobile des plus efficaces, où demeure Lord Necron. On va apprendre bientôt que Catherine est plus sa compagne que sa prisonnière, ce qui scellera le destin de Jane, non sans avoir fait promettre Cobra de quérir l'aide de sa sœur Dominique.

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La sinistre prison survolant la planète Sido

S'en suit un passage très James Bond sur une planète de glace où des touristes s'adonnent aux sports d'hiver notamment au ski. Cobra va faire la rencontre passionnée de Dominique, qui à son tour va périr des mains de Lord Nécron.
Le dernier acte a lieu sur la planète Mirus et scellera le destin cette fois de Lord Necron, de Catherine et de toute la planète mouvante.


Artistiquement, l'image de Shichiro Kobayashi est comme une sublimation de l'histoire, qui elle est servie par un scénario très efficace, avec juste ce qu’il faut de romantisme pour servir en retour cette sublimation. C'est peut-être dans cette alchimie, cette fusion des plus réussie entre l'art et le récit, que recèle le secret de la perfection de ce film. Ce qui est certain, c'est que ce romantisme va parfaitement à Cobra. Somme de tout ce qui fait le succès de l'anime, mais en ajoutant à lui tout ce que l'artistique peut apporter au romantisme, on est face à une œuvre d'art qui imprime en nous à jamais son empreinte, même si je l'avoue le temps en a effacé tous les contours - 30 ans quand même que je ne l'avais revu ... -


exemple de graphisme muchique surréaliste, avec ici la bande son japonaise du film sur la musique de Osamu Shoji, générique que j'aime bien moins que celui de la version française que je vous présente plus bas mais qui fait son petit effet aussi.

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Exemple d'effet symétrique, très présent dans le film

Bien sûr, en trente ans, la technique a grandement évolué, et, un peu à l'instar d'un Akira remastérisé, ce film lui aussi très joliment remastérisé souffre du même défaut : on est plus du tout aussi techniquement à l'avant garde comme cela était le cas à l'époque. Et pourtant, dans Cobra le film, ce fait là sert magnifiquement son propos. Il résulte de ce côté aujourd’hui arriéré une œuvre graphique hors du temps, qui va aller chercher son style du côté du fameux Belladonna, oeuvre japonaise mondialement reconnue, ce graphisme de Schichiro Kobayashi qui va chercher tout droit dans le surréalisme de Mucha ces longues créatures fililignes, dont l'effet nubile est augmenté par un travail de symétrie graphique surdosé ici à la perfection. Résultat, chaque séquence cache une œuvre d'art muchique bientôt dévoilé. Et comme si cela ne suffisait pas, le film cache des moments de grâce infini de temps en temps explorant l'écran et imprimant dans notre esprit une puissance évocatrice rare. Comme par exemple cette petite séquence qu'accompagne le thème principal du film pendant que Jane, la première des trois sœurs que va rencontrer Cobra, prend une douche bien méritée. La musique sublime de Osamu Shoji est donc ici d'une douceur jazzique rythmée joliment en blues, augmentée par la sublime voix très onctueuse de la doubleuse de Jane.


La sublime bande son de la version française par Yello

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Je donnerais d'autres exemples de curiosité graphique superbe plus tard dans le topic. Il y a beaucoup à dire sur ce point.

Bien sûr, ces effets graphiques, superbement animés par Akio Sugino, servent magnifiquement bien l'histoire et les différentes scènes du film. On a de nombreux travellings de sols de planètes notamment ou de vaisseaux surgissant, peut-être emprunté à Star Wars d'ailleurs, qui ponctuent certains des plus grands moments.

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Un travelling efficace semblant tout droit sorti de Star Wars.

Le second intérêt du film , après son graphisme et son animation - supérieure à celle de la série, cinéma oblige - c'est son côté psychanalytique. Ici, on va explorer la psyché féminine basique, celle qui va amener les femmes, en tout cas dans l'esprit de Osamu Dezaki (on rappelle que Bucihi Terasawa a très peu participer à ce film, qu'il n'aimait pas d'ailleurs, choses étonnante quand on pose que c'est certainement, animes et mangas réunis, la plus belle et la plus forte déclinaison de son personnage - un brin de jalousie de sa part, peut être ? - ) à aimer ce qu'elle combatte voire déteste. De là est né le fameux syndrome de Stockholm, qu'on va voir décliner avec tout un panel de variation dans le film, à travers par exemple la volte face psychique de Catherine, mais aussi dès le départ celle de Jane, donc, qui va tour à tour révéler à l'intéressé qu'elle traque Cobra pour la prime de 7 millions qu'il y a sur sa tête, avant de bien sûr se raviser en mettant avant ses sentiments. Mais, et là encore le psy joue un grand rôle, cet amour, thème principal du film, et principal fantasme de ses spectateurs évidemment, est imposé aux trois sœurs, qui ici ne sont pas tatouées d'ailleurs, bien qu'elles soient fondamentalement les mêmes personnages. Ainsi, si on pose que en quelque sorte cet amour est une sorte d'hypnose, on peut voir dans les trois femmes des figures passionnées par chacune leur propre atavisme passionnée. La première, Jane Flower, est chasseuse de prime, et rêve de décrocher la plus grande des primes, et s'entraine très dure pour cela, en témoigne son efficacité extrême mais aussi sa volontaire solitude et sa défiance vis à vis des autres. La seconde, Dominique, est justicière et rêve en prenant la tête d'une clique de soldate des neiges acrobates et très douées, quant à elle de délivrer la galaxie des pirates de l'espace, ici agrandie en "confrérie galactique", lui conférant une certaine respectabilité qui la rend d'autant plus dangereuse - on imagine ainsi que leur corruption est à l'origine des primes exorbitantes mis sur la tête de qui les combat, tel Cobra. Enfin, on ne sait rien de la troisième, qui elle est véritablement hypnotisée par la némesis de Cobra, l'homme de verre, rebaptisé pour l'occasion Lord Necron. Ainsi, pour terminer vite fait l'analyse commencée, on a trois femmes ayant une raison différente de défier voire de haïr Cobra. La première veut la prime sur sa tête, la seconde devrait lui en vouloir pour son égoïsme et la troisième, hypnotisée, veut la même chose que son mari, le tuer. A part cette dernière, toutes vont succomber à cause de leur destinée, tomber toute trois amoureuse de lui, et c'est bien plus fort qu'elles.

L'Amour est en effet dans ce film absolument central et fondamental. Il est comme l'explication du traitement surréaliste de celui-ci, capable de prouesse physique comme de régénérer le corps et l'esprit de Cobra quasiment mort d'hypothermie. Il transcende tout, tout en devant se mériter. Bien qu'il sauve Cobra dans les moments critiques, il est en même temps très faible, ne se manifestant que par la mort de l'être aimée, ici chaque sœur, les unes après les autres, jusqu'à la délivrance finale de l'aventurier, lui-même hanté par ce sentiment qu'il tente comme tant de combattre à sa manière, en restant accroché à son désir de ne compter que sur lui-même, et son foncier individualisme.
Le côté cathartique du film est évidemment sublimé par la place énorme que prend le sentiment dans son histoire. Troisième point fort du film, absolument unique, il rappelle à chaque spectateur, et certainement chaque spectatrice, ses propres histoires d'amour. Notamment leur perte, à travers chaque perte à chaque fois déchirante que va subir Cobra. Le scénario enfonce encore plus loin le clou en posant que chacune des trois sœurs, toutes trois emplie du même amour pour le pirate de l'espace, transfèrent à leur mort cet amour dans le cœur et le corps des survivantes. Ainsi Cobra retombe à chaque fois amoureux de celle qu'il va rencontrer, et perdre, toujours de manière tragique.

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Un prisonnier choisit de se suicider en se laissant choir de la forteresse de Necron

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Lord Necron.

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guerriers morts vivants contrôlés par Lord Necron

Portant fort bien son nom, Lord Necron, ici effectivement la déclinaison le plus terrifiante du fameux cristal boy, est à chaque fois l'instrument qui va tuer chaque sœur, y compris à la toute fin du film, d'une certaine manière. Ange de la mort sans conteste, en témoigne la possibilité laissée aux prisonniers de se suicider en s'écrasant sur la surface de la planète au terme d'une chute mortelle puis sa capacité à faire revenir ses morts à la vie comme guerriers morts-vivants, il va jusqu'à prélever dans son corps les armes léthales qu'il utilisera pour cela. Cela lui donne une aura encore plus nécrotique que celle que Buichi Terasawa lui donnât en faisant d'une de ses mains, comme pour tutoyer celle de Cobra, une pince mortelle qu'utilise l'assassin pour réduire ses proies en charpie. Ici, c'est en prélevant les côtes de sa colonne vertébrale et en les faisant s'étendre à l'instar d'un bâton du Roi-Singe, qu'il va terrasser ses victimes en les empalant. Et, bien évidemment, Cobra saura utiliser l'information à bon escient après avoir compris que son psychogun ne servira à rien contre un tel adversaire. Et, entité de la mort, il l'est d'autant plus que son objectif unique est de tuer tous les êtres vivants. Loin d'être un simple assassin cruel, voire appâté par le gain, il est ici véritablement l'incarnation de la Faucheuse. Pour ne pas qu'on en doute, son vaisseau porte d'ailleurs ce nom.

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Lord Necron devant Cobra, lui rappellant qu'ils ont un compte à régler, rattachant le film à la série ou à un dérivé de celle-ci étant donné les nombreuses différences organiques - le psychogun ayant une forme différente notamment

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Autre différence, Necron récupère ici une de ses propres cotes pour s'en servir comme arme, de corps à corps ...

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...ou même de jet, ici pour se débarasser de Catherine - son but étant que seule sa femme Catherine soit en vie

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ici, il a même confié une de ses terribles cotes à Catherine qui s'en sert pour tuer Jane.

On a donc dans le film une opposition directe et décisive entre la vie et l'amour, qu'incarnent Cobra et les trois soeurs, et la mort et la destruction, qu'incarnent Lord Necron et toute sa clique et ses puissantes ressources. C'est certes pas vraiment nouveau mais on a ici vraiment des archétypes très efficaces. C'est d'ailleurs je pense la raison principale, en dehors de la psyché féminine, leur intérêt pour les bad boys, qui rend Cobra particulièrement sympathique malgré son caractère égoïste et terrible. Et c'est ici encore plus vrai, car ajouté à son incorruptibilité totale et sa haine palpable de l'injustice, l'amour qu'il admet le range d'autant plus viscéralement dans le camp du bien.

En fait, le film utilise le meilleur de ce qu'a créé Terasawa pour le sublimer. Ainsi, la quête des "soeurs tatouées" - ou quête de l'arme ultime - est ici comme dans "la porte dorée" d'empêcher une planète de faire exploser une galaxie, et comme dans cette aventure, le mécanisme de contrôle de la planète est le corps parfait d'une femme. Osamu Dezaki est en effet en phase avec l'esprit érotique de Buichi Terasawa, et il saura utiliser cet aspect, qui évidemment se marrie fort bien avec le thème de l'amour, pour passionner les foules.

Par exemple, on a là un moment sympathique où après s'être débarrassée d'une tête lancée pour la tuer - un des gymniques comique du film, comme là où on voit Cobra la shooter comme un ballon de foot - Jane entreprend de se dénuder devant Cobra - et donc devant nous ;)

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Ou à la fin du film, où l'espace entre l'ascenseur et la surface va donner l'impression que le corps nu se trouve comme regardé par un oeil forcément voyeur, le nôtre :

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Les trois sœurs ont en effet entre autres en commun leur absence totale de pudeur, ce dont on profite certainement autant que Cobra, et faisant d'elles, et c'est bien sûr voulu, des femmes de fantasme total, comme en témoigne d'ailleurs une des toutes dernières images du film, juste après la destruction finale de la planète Mirus et surgissant de la pensée nostalgique de Cobra :

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Dominique, Catherine et Jane

Bref... même si on ressent le déchirement à travers Cobra de la perte de ses trois amours sans pareil - on ressent bien l'appétit de notre ami Buichi - ... ce film Space Adventure Cobra est, j'ai essayé de le montrer, artistiquement ... graphiquement .... psychanalytiquement ... scénaristiquement ... poétiquement ... une merveille.
Pièce maîtresse de la SF des années 80 au cinéma, et oeuvre d'un auteur poète exceptionnel, immense Osamu Dezaki, cette production de Tasuo Ikeuchi est un anime inspiré par un grand créateur qu'il sublime comme jamais plus il ne le sera ensuite, car Cobra révèle ici comme jamais son plein potentiel, et c'est à ne rater sous aucun prétexte pour peu qu'on aime et adhère à ce style.

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Garçon.
il nous faut devenir adultes pour comprendre que les adultes n'existent pas et que nous avons été élevés par des enfants que l'armure de nos rires rendaient faussement invulnérables.(Christian Bobin)

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Re: Space Adventure Cobra - le Film

Messagepar itikar » lun. août 31, 2026 2:20 pm

Il n'est plus si aisé de retrouver le film sur internet - le plus grand du genre anime sf japonais avec Do you remember love - en tout cas de manière légal ni même son générique fameux mais je viens de trouver une petite pépite tout de même que je vous conseille donc vivement de récupérer :




EDIT :

Voilà un lien pour avoir le film en français
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