Quand vous avez fait de la plongée, que vous vous retrouvez dans l'eau après avoir vu ce film quelques semaines auparavant, et que vous apprenez aux infos que des requins pas spécialement gentils ont été repérés à quelques centaines de mètres de là où vous plongiez... Et que vous vous y remettez le lendemain quand même

Comment dire, cela donne comme une sorte de piquant, de mordant au film dirais-je même. Bien sûr, ce film peut très bien déplaire mais je pense que savoir qu'il est inspiré de faits réels vaut son pesant d'or, sans parler des différentes péripéties par lesquelles passent notre couple abandonné en pleines eaux profondes, ceci réalisé sommairement mais assez bien pour vous prendre aux tripes quand vous avez vous-mêmes paniqué face à des peurs d'enfant ou des surprises rencontrées sous l'eau....
Après, il vaut ce qu'il vaut, mais tout de même, ce film me marqua à l'époque, il se plaçait sans doute entre mes angoisses d'enfant et mes expériences d'adulte dans les fonds... Je l'ai senti passer si vous voyez. Voilà pour un avis fort subjectif forcément... L'eau, l'océan de toute façon me fascine, il peut vous happer, vous cacher en merveilles comme en pièges ses mystères, vous noyer ou vous soigner, il vous dépasse et vous attire, pour peut-être vous garder avec lui... Tout film sur l'eau est déjà pour moi un film touchant à un sujet qui ne m'est en rien indifférent.
Celui-là a juste alimenté mon inquiétude quand je plonge, c'est déjà ce que j'ai remarqué. J'ai beau me dire que le requin et ce qu'il suscite relève du mythe ou de l'exagération, beau faire mes calculs de probabilité sur l'impossible rencontre, tout cela relève du rationnel. Ce film a tout bonnement alimenté une bonne part de mon irrationnalité, et je n'en remercie pas son auteur pour son efficacité. Ce fut juste une aventure en plus pour me faire encore moins aimer les méduses, les petits poissons qui grignotent la peau, les requins celib ou pas

, les profondeurs... Et je suis forcé à présent d'orienter toute mon attention sur la beauté des fonds et combien tout ceci est bien innofensif et serein dans le meilleur des mondes... Pour me précipiter à nouveau sur le prochain petit film de cet accabit inspiré de faits réels (là aussi on pourrait longuement en parler, l'argument fait vendre, et blablabla..) et me faire des bonnes petites parties de frousse
Car de toute façon, avec ce genre de film, quand vous plongez, vous avez beau presque savoir que vous êtes en sécurité relative, reste que cette pensée est tout près : et si j'avais un beau requin blanc sans lentille (dommage) et pourquoi pas affamé, juste derrière moi, là où c'est rationnellement absolument impossible, dans cette profondeur et en ces lieux loins des fréquentations moyennement recommandables à longues dents... Et si y'en avait pas aussi dans mon bain
