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Baruch Spinoza (+ petit débat sur le déterminisme)

Cette section met le focus sur le philosophe néerlandais Spinoza, personnage fascinant, sa vie, son oeuvre, ses commentateurs. Entrez, et que la joie vous envahisse !
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar ayoros13 » lun. sept. 09, 2013 6:37 pm

Par contre j ai eu l honneur en khâgne d avoir Spinosa (avec un s et non un z) comme professeur de philosophie xD
L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête » Pascal

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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » lun. sept. 09, 2013 6:42 pm

Un destin tout tracé pour ce prof :lol:
Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar ayoros13 » lun. sept. 09, 2013 6:45 pm

Oui surtout que son prénom c'est Benoît francisation de Baruch xd
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » lun. sept. 09, 2013 6:51 pm

Non arrête, tu as eu un prof qui s'appelait Benoît Spinosa ?!
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar Morgoth Bauglir » lun. sept. 09, 2013 6:53 pm

C'est le comble :lol:.
« Vous êtes comme tous les Français, vous n'avez pas lu Tolkien !
Il n'y a que vous autres qui ne l'ayez pas encore lu. »

Louis LAMBERT, Prélude à l'Apocalypse, p. 118 (cit. par Michaël Devaux dans La Feuille de la Compagnie n° 2, p. 85)

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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar ayoros13 » lun. sept. 09, 2013 7:03 pm

phoenlx a écrit :Non arrête, tu as eu un prof qui s'appelait Benoît Spinosa ?!


Oui il a même publié deux ouvrages.http://www.amazon.fr/Benoît-Spinosa/e/B004MSV5MS
L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête » Pascal

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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » lun. sept. 09, 2013 7:27 pm

Dingue :shock:
Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » lun. sept. 23, 2013 7:42 pm

Allez c'est mon quart d'heure spinoziste qui revient ( fallait pas que Aries me rebranche la dessus ce matin )

Je vous poste un début d'article tiré du point ( je ne recopie pas tout, la suite est sur le site ) ; Qui résume bien Spinoza ;
et juste avant de la "pub" pour un autre article de presse écrit par Roger-Pol Droit ( je vous poste le résumé , si certains veulent se le procurer )

Lire : Roger-Pol Droit, Spinoza, le philosophe de la joie
« A l'origine, dans l'Europe de la Réforme et du début du capitalisme, un jeune commerçant d'Amsterdam, juif et érudit, doute d'un monde ou tout aurait été pensé par Dieu. Son nom : Baruch Spinoza. Sa devise : «Prends garde». Exclu par sa communauté, il deviendra un excellent polisseur de lentilles oculaires et le plus radical des penseurs de la liberté. Il a refusé le principe du finalisme de la nature, affirmé l'unité du corps et de l'ame, et pavé le chemin de la liberté de conscience. «Spinoza ou pas de philosophie », écrira Hegel. Aujourd'hui encore, l' auteur de l' « Ethique » souleve les passions. Partout on s' en réclame, a droite comme a gauche, chez les scientifiques comme chez les écrivains, les laïques comme les religieux. Spinoza, tout public?»
Mais qu'a-t-il donc fait? qu'a-t-il donc dit, pour être, si intensément, de génération en génération, ou aimé ou haï? Traîné dans la boue ou porté aux nues depuis trois cent cinquante ans, Spinoza est vénéré comme un saint homme ou redouté comme un diable. A son sujet, pas de demi-mesure : ce philosophe est menace suprême ou sauveur incomparable. Tant de passions contraires intriguent et déconcertent à propos d'un homme finalement si calme, autour d'une oeuvre si dense, et si difficile.

Image


et l'article du point :

«Ce penseur inclassable collectionne les paradoxes. Il meurt assez jeune, à 44 ans, n'ayant presque rien publié et sans être jamais sorti du mouchoir de poche hollandais. Pourtant, l'Europe entière bruit déjà de sa renommée, qui ne cessera de croître. Il pourfend les religions et déteste les clergés, mais ne cesse de parler de Dieu, et d'y appliquer sa pensée. Savoir s'il est athée ou non est un casse-tête. Politiquement, ce n'est pas plus simple : il arrive qu'on le présente, à juste titre, comme rebelle, mais on peut non moins justement le juger conservateur.
L'oeuvre, elle aussi, paraît: dérégler nos instruments de mesure. Construit comme un traité de géométrie, avec axiomes, postulats, théorèmes et démonstrations, son « Ethique» traite d'amour, de haine et des appétits humains «comme s'il était question de lignes, de surfaces et de solides ». Or cet attirail logique vise à modifier l'existence, ni plus ni moins. Car cet homme qui nie l'existence de la volonté libre prétend conduire à la libération. Sa rigueur scientifique veut déboucher sur la délivrance et la béatitude... Décidément, voilà un cas très à part dans la pensée occidentale. Alors, une fois encore : qu'a-t-il donc fait pour cela? Passage en revue. »

La suite ici (Le Point, n°1817 du 12 juillet 2007, page 70 ) :
http://www.lepoint.fr/actualites-litter ... 8/0/192169

Image
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » mer. févr. 19, 2014 12:10 am

Tiens aujourd'hui j'ai vu un nouveau bouquin en me balladant à la Fnac ( sur Spinoza )
j'ai juste lu le 4ème de couverture car ça m'intriguait et apparemment ils parlaient du fait que Spinoza aurait inspiré un grand adepte du nazisme je trouve ça assez surprenant. je me demande si je vais pas le prendre et le lire car cette histoire me titille

en faisant une recherche sur le net apparemment il s'agit de ce livre ( c'est un roman si je comprend bien, donc pas vraiment un essai, du moins c'est ce que je crois comprendre ) --> http://www.galaade.com/oeuvre/le-probleme-spinoza

Image

Le Problème Spinoza

« La force d’une conviction est sans rapport avec sa véracité. »

Le 10 mai 1940, les troupes nazies d’Hitler envahissent les Pays-Bas. Dès février 1941, à la tête du corps expéditionnaire chargé du pillage, le Reichsleiter Rosenberg se rue à Amsterdam et confisque la bibliothèque de Spinoza conservée dans la maison de Rijnsburg.

Quelle fascination Spinoza peut-il exercer, trois siècles plus tard, sur l’idéologue nazi Rosenberg ? L’œuvre du philosophe juif met-elle en péril ses convictions antisémites ? Qui était donc cet homme excommunié en 1656 par la communauté juive d’Amsterdam et banni de sa propre famille ?

Nourri de son expérience de psychothérapeute, Irvin Yalom explore la vie intérieure de Spinoza, dont on connaît si peu, ce philosophe au destin solitaire qui inventa une éthique de la joie, influençant ainsi des générations de penseurs. Parallèlement, l’écrivain cherche à comprendre quel fut le développement personnel d’Alfred Rosenberg qui joua, aux côtés d’Hitler, un rôle décisif dans l’extermination des juifs d’Europe.

Le Dr Yalom aurait-il pu psychanalyser Spinoza ? ou Rosenberg ? Le cours de l’histoire en aurait-il été changé ? Dans la lignée de son bestseller Et Nietzsche a pleuré, ce nouveau roman d’Irvin Yalom, à la fois incisif et palpitant, nous tient en haleine face à ce qui fut de tout temps Le Problème Spinoza.

« Voici le roman le plus captivant que j’ai lu depuis des années. Irvin Yalom a écrit un livre haletant et extrêmement bien documenté. Je vous conseille Le Problème Spinoza avec enthousiasme. » – Anthony Hopkins

« Quel livre emporterez-vous cet été ? Antoine de Caunes : Le Problème Spinoza, d’Irvin Yalom, un auteur que je suis à la trace. » – ELLE

‎"Lire Yalom me met en transe. Je veux dire : je commence son livre, et je n’ai de cesse que d’y retourner !" – Regards

« L’âme de fond. Après Nietzsche et Schopenhauer, le conteur américain Irvin Yalom s’empare de Spinoza. » – Marianne

« Irvin YALOM sur les pas de Spinoza » – Psychologies Magazine

« Super-penseur » – Technikart

« Au croisement du roman historique, de la biographie, de la philosophie et du polar, Le Problème Spinoza cherche les raisons pour lesquelles l'officier nazi Rosenberg était fasciné par la pensée et la personnalité de Baruch Spinoza. » – Daniel Berland, Librairie Coquillettes (Lyon), dans PAGE DES LIBRAIRES

« Irvin Yalom, maître de la psy-fiction » – Le Monde des livres

« Le psychiatre et romancier américain Irvin Yalom entrelace avec brio les époques et les vies du philosophe Baruch Spinoza et de l'idéologue nazi Alfred Rosenberg. Savoureux. » – La Croix

« Osé et palpitant. Un aperçu de deux vertiges de la raison. » – L'Humanité

« Il y a des auteurs qu’il faut découvrir toutes affaires cessantes. Irvin Yalom en est un. » – Le Magazine littéraire

« Attention, auteur rare ! Sens du récit, vérité des personnages, profondeur de la pensée… Un bonheur. » – Psychologies magazine

«Yalom excelle à rendre ses histoires aussi passionnantes qu'un polar. » – Elle


Extrait
AMSTERDAM AVRIL 1656

Tandis que les derniers rayons de lumière ricochent sur les eaux du Zwanenburgwal, Amsterdam ferme boutique. Les teinturiers rassemblent leurs étoffes-magenta, cramoisies-qui sèchent sur les berges de pierre du canal. Les marchands remontent leurs auvents et remballent leurs étals. Quelques travailleurs qui rentrent chez eux d'un pas pesant font une halte dans les baraques à hareng qui longent le canal. Ils y avalent un repas sommaire accompagné de gin avant de poursuivre leur chemin. Amsterdam se meut lentement : la ville est en deuil, elle se remet à peine de la peste qui, seulement quelques mois plus tôt, a tué un habitant sur neuf.
A quelques mètres du canal, au 4 de la Breestraat, un Rembrandt van Rijn ruiné et légèrement éméché met la dernière touche à son tableau Jacob bénissant les fils de Joseph, il y inscrit son nom en bas à droite, jette sa palette à terre, et descend l'étroit escalier en colimaçon qui se trouve derrière lui. La maison, qui trois siècles plus tard le commémorera en devenant son musée, est ce jour-là témoin de son humiliation. Elle grouille des futurs enchérisseurs qui se préparent pour la vente de tous les biens de l'artiste. Il écarte avec rudesse les badauds présents dans l'escalier, passe la porte d'entrée, hume l'air iodé, et se dirige en trébuchant vers la taverne du coin.
A Delft, soixante-dix kilomètres au sud, un autre artiste commence, lui, à connaître le succès. À vingt-trois ans, Johannes Vermeer pose un ultime regard sur sa dernière toile, L'Entremetteuse. Il l'examine de droite à gauche. D'abord la prostituée dans une jaquette au jaune éclatant. Bien. Bien. Le jaune irradie comme un soleil lustré. Et le groupe d'hommes qui l'entoure. Excellent-chacun d'eux pourrait tout à fait sortir de la toile et entamer ici une conversation. Il se penche pour saisir au plus près l'imperceptible mais perçant regard du jeune sybarite au chapeau de dandy. Vermeer hoche la tête devant ce moi en miniature. Parfaitement satisfait, il inscrit son nom avec panache en bas à droite de la toile.
Revenons à Amsterdam. Au numéro 57 de la Breestraat, à deux rues seulement de la maison de Rembrandt où se prépare la vente aux enchères, un marchand de vingt-trois ans (né quelques jours à peine avant Vermeer, qu'il admirera mais ne rencontrera jamais) s'apprête à fermer sa boutique. Il semble bien délicat et bien gracieux pour un boutiquier. Ses traits sont parfaits, il a un teint d'olive sans défaut, de grands yeux sombres et expressifs.
Il jette un ultime regard autour de lui : la plupart des étagères sont aussi vides que ses poches. Des pirates ont intercepté sa dernière cargaison en provenance de Bahia et il n'y a plus ni café, ni sucre, ni cacao. Une génération durant, la famille Spinoza a dirigé une affaire prospère de négoce en gros avec de lointains pays mais aujourd'hui les frères Spinoza - Gabriel et Bento - en sont réduits à tenir un petit magasin de détail. Inspirant l'air poussiéreux, Bento Spinoza découvre avec résignation les déjections de rat à l'odeur fétide mêlée à celle des figues et des raisins secs, du gingembre confit, des amandes et des pois chiches, comme aux vapeurs de l'acre vin d'Espagne. Il franchit le pas de la porte et entame son combat quotidien avec le cadenas rouillé qui ferme la boutique. Une voix inconnue s'exprimant dans un portugais guindé le fait sursauter.
«Êtes-vous Bento Spinoza ?»


Revue de presse
Le psychiatre et romancier américain Irvin Yalom entrelace les époques et les vies du philosophe Baruch Spinoza et de l'idéologue nazi Alfred Rosenberg...
Le «problème Spinoza» est le suivant : «Rosenberg déteste les juifs, mais adore le poète allemand Goethe qui lui-même considère Spinoza comme un génie. Comment est-ce possible ?» Le rythme soutenu du récit, la vivacité des dialogues, l'érudition d'Irvin Yalom, la plongée dans la société néerlandaise du XVIIe siècle et les grands bouleversements de l'Europe du XXe font de cet ouvrage un véritable régal. Certes, l'auteur prend des libertés avec l'Histoire - il s'agit avant tout d'un roman - et nombre de ses personnages sont fictifs : c'est notamment le cas du «thérapeute» de Rosenberg confronté à un terrible dilemme : «Doit-il guérir son patient pour lequel il n'a que mépris, et prendre ainsi le risque qu'il devienne un nazi plus efficace ?», interroge Irvin Yalom. Derrière le romancier, cherchez le thérapeute... il n'est jamais loin. Et c'est savoureux. (Marie Auffret-Pericone - La Croix du 27 juin 2012 )
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » jeu. juin 05, 2014 10:53 am

petit extrait de 2 minutes d'un speech de Raphaël Einthoven sur Spinoza ( sur le rapport à la joie )

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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » lun. déc. 15, 2014 12:48 pm

J'ai trouvé une vidéo humoristique sur Spinoza !

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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » mar. janv. 13, 2015 2:42 pm

"Nul, disions-nous, ne saurait aliéner sa liberté de juger ni de penser ce qu'il veut, et tout individu, en vertu d'un droit supérieur de nature, reste maître de sa réflexion. Par suite, ce serait s'exposer à un désastre certain, que de vouloir obliger les membres d'une collectivité publique-dont les opinions sont diverses, voire opposées - à conformer toutes leurs paroles aux décrets de l'Autorité souveraine. Même les citoyens d'intelligence avertie, pour ne point parler de la foule commune, sont incapables de garder suffisamment le silence : les hommes ont d'ordinaire le grand tort de confier à d'autres leurs projets, même lorsqu'ils feraient mieux de se taire. Une Autorité politique exercerait donc un règne d'une violence extrême, si elle refusait à l'individu le droit de penser, puis d'enseigner ce qu'il pense. Elle donnera au contraire des preuves de modération en accordant cette liberté à tous...

Partons des principes de toute organisation en société, démontrés plus haut ; il s'ensuit, avec la plus grande évidence, que le but final de l'instauration d'un régime politique n'est pas la domination, ni la répression des hommes, ni leur soumission au joug d'un autre. Ce à quoi l'on a visé par un tel système, c'est à libérer l'individu de la crainte - de sorte que chacun vive, autant que possible, en sécurité ; en d'autres termes conserve au plus haut point son droit naturel de vivre et d'accomplir une action (sans nuire ni à soi-même, ni à autrui). Non, je le répète, le but poursuivi ne saurait être de transformer des hommes raisonnables en bêtes ou en automates ! Ce qu'on a voulu leur donner, c'est, bien plutôt, la pleine latitude de s'acquitter dans une sécurité parfaite des fonctions de leur corps et de leur esprit. Après quoi, ils seront en mesure de raisonner plus librement, ils ne s'affronteront plus avec les armes de la haine, de la colère, de la ruse et ils se traiteront mutuellement sans injustice. Bref, le but de l'organisation en société, c'est la liberté !"

Baruch Spinoza, Traité des Autorités théologiques et politiques (1670)


( petit extrait que je poste comme clin d'oeil à Charlie hebdo et à l'actualité de la semaine ... )
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar Bartiméus » jeu. mars 19, 2015 11:00 pm

Des extraits de la définition de Spinoza provenant de mon Larousse du XIX siècle. Évidemment, ça n'apprendra rien à la personne qui connait déjà Spinoza mais c'est histoire de faire ma petite contribution au topic.

Image
Image
"Je vais l'écrire l'histoire des affaires de mon temps, tâche délicate et périlleuse ! Avant de prendre la plume, je me suis interrogé sévèrement, et comme je ne trouvais en moi ni affections intéressées, ni haines implacables, j'ai pensé que je pourrais juger les hommes et les choses, sans manquer à la justice et sans trahir la vérité."

Louis Blanc, Histoire de dix ans, 1830-1840

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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » jeu. mars 19, 2015 11:02 pm

Merci pour cette capture :super:
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar Bartiméus » jeu. mars 19, 2015 11:11 pm

D'autres captures (en clin d’œil au topic sur le rapport avec les gens :mrgreen: )

Image
Image
"Je vais l'écrire l'histoire des affaires de mon temps, tâche délicate et périlleuse ! Avant de prendre la plume, je me suis interrogé sévèrement, et comme je ne trouvais en moi ni affections intéressées, ni haines implacables, j'ai pensé que je pourrais juger les hommes et les choses, sans manquer à la justice et sans trahir la vérité."

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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » ven. avr. 10, 2015 4:19 pm

quelques vidéos You tube sur Spinoza et l'Ethique



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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » ven. avr. 10, 2015 5:06 pm

Très intéressante la première vidéo ( même s'il faut s'accrocher pour saisir certaines notions, comme souvent dès qu'il est question de Spinoza ) j'ai énormément aimé cet échange entre Raphaël Einthoven et la philosophe
Tout à la fin ils évoque certaines convergences entre Spinoza et l'écrivain Albert Camus ( tout en les relativisant en évoquant aussi Pascal , c'est intéressant )
j'ai bien aimé aussi la phrase de Meriam Korichi : " Spinoza est certainement un cartésien qui radicalise le cartésianisme "
je suis assez d'accord avec cette manière de voir les choses :mrgreen:
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » dim. avr. 12, 2015 1:38 am

Une émission assez courte et plutôt bien présentée sur Spinoza

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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar Myrdred » ven. oct. 16, 2015 1:51 pm

Il y a un hors-série du Point qui est sorti sur Spinoza si ça intéresse quelqu'un: http://boutique.lepoint.fr/spinoza-l-ultra-moderne-795#xtor=CS1-32
Je préfère les trésors de mon esprit à toutes les richesses de la terre.

"...he had sacrificed much in pursuit of the Ultimate Truth... a permanent chair at the University of Covenant... a seat in the King's court... and, there was no denying it, his soul."


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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » ven. oct. 16, 2015 2:03 pm

merci pour l'info !
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » dim. mars 27, 2016 12:40 pm

Bon je vais me commander ça, apparemment il leur en reste en stock, un dossier entier sur Spinoza dans ce hors série du Point qui date de quelques mois, ça peut être intéressant ..

http://boutique.lepoint.fr/spinoza-l-ultra-moderne-795

En résumé :

Spinoza fut un révolutionnaire de la pensée au XVIIe siècle. Il demeure aujourd’hui d’une saisissante actualité. Le philosophe que revendiquent aussi bien les neuroscientifiques que les sociologues. Pourquoi ? Parce que dans des sociétés marquées par la quête de sens et frappée par le nihilisme terroriste, Spinoza nous donne des clés pour vivre libre, mieux : bien dans sa tête et dans son corps.

Spinoza fut l’un des philosophes qui a le plus inspiré l’art et la littérature. Pourquoi ? Qui était-il ? Hérétique, laïc, panthéiste ? Qui aima-t-il ? Quelles furent ses relations avec les puissants de son temps ? Sa vie fut aussi une légende. Ce hors-série rétablit les faits à la lumière des découvertes les plus récentes.

Ils ont participé à notre édition : Henri Atlan, Antonio Damasio, Chantal Jaquet, Pierre-François Moreau, Maxime Rovère…


en me baladant sur leur site d'ailleurs je vois qu'ils ont sorti aussi récemment un hors série sur l'islam, sujet bien d'actualité, et un hors série sur star wars (j'ai relayé l'info dans la rubrique, avis aux fans .. )

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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » dim. mars 27, 2016 12:41 pm

tiens d'ailleurs je vois que myrdred en avait parlé, bon du coup j'ai plutôt trainé :mdr:
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » dim. oct. 16, 2016 8:35 pm

Je me suis abonné à cette chaine You tube (c'est d'elle que provient l'émission que j'ai posté hier dans ce topic :mrgreen: )
--> https://www.youtube.com/channel/UC-XUV- ... u0nQ/about

elle est apparemment relativement nouvelle mais il y a de bonnes émissions radio sur Spinoza. Pour l'instant c'est surtout sur le traité théologico politique, et sur l'Ethique. Mais j'imagine que l'auteur rajoutera au fil du temps d'autres choses, émissions, vidéos, conférences peut-être. Je vais suivre ça de près ..

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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » mar. janv. 23, 2018 2:12 pm

Un autre magazine avec un dossier sur Spinoza (je ne le possède pas, je ne sais pas ce qu'il vaut, mais je l'indique pour la complétude)
si j'arrive à mettre la main dessus je pense le prendre mais ça risque d'être chaud, il date de Novembre 2017
http://archives.magazine-litteraire.com ... ensuel-585

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Dossier : Spinoza, l'histoire d'une révolution
Longtemps considéré comme un aimable original par l’orthodoxie philosophique, Spinoza est devenu l’une des références intellectuelles les plus sollicitées en ce début de XXIe siècle. Le plus passionnant est qu’il peut inspirer des partis pris contrastés, sinon parfois antagonistes. L'œuvre de Spinoza ne saurait se réduire à un « message » monolithique, à une formule univoque, elle ne saurait être un kit à monter dans un sens unique. Sans doute est-ce pour cela qu’il est bon de revenir à son émergence, à la manière dont elle s’articula avec les contingences et les contradictions de l’homme et de son temps. Non pour dénicher on ne sait quelle clé dé nitive. Non pour réduire un raz-de-marée à de simples concours de circonstances. Mais pour mesurer combien, dès son élaboration, une telle pensée fourmille, poudroie, scintille, est grosse de virtualités diverses. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne Spinoza, tant ses recherches, dans les Pays-Bas du xviie siècle, se déploient dans un environnement très mouvant et en pleine e er- vescence (intellectuelle, mais aussi religieuse, artistique, scienti que, économique, sociale). Avec la contribution de Maxime Rovere, María Jimena Solé, Pierre-François Moreau, Wolfang Eiche, Adma Muhana, Henri Krop…

Esprit du temps : L'inceste dans le texte
En cette rentrée, quatre livres affrontent l’indicible. Parmi eux, le terrible Jours d’inceste, un récit anonyme présenté comme un document authentique. Sarah Chiche propose une rétrospective litérire de cette thématique ambivalente, dont les connotations

Portrait : En attendant Patrick Modiano
Un grand timide à fleur de peau ou un drôle de coco manipulateur, et pas bègue pour un sou ? Il est fuyant, en tout cas. Qui est vraiment le prix Nobel 2014 ? Ex-petites amies, vedettes de la chanson et de l’édition témoignent à sa place et en livrent un troublant portrait en creux. Par Marie-Dominique Lelièvre

Entretien avec Yuval Noah Harari : “Une faillite de l'imagination”
Pour l’historien israélien, auteur désormais de deux best-sellers, la force du genre humain, depuis le néolithique, réside dans sa capacité à inventer des ctions fédératrices. Un don aujourd’hui en crise face aux nouvelles technologies.
Propos recueillis par Marc Weitzmann

MAIS AUSSI : notre sélection critique fictions et non-fictions (Don DeLillo, Anna Hope, Peter Handke, Colson Whitehead, Delphine Coulin, J. M. G. Le Clézio, Charles Bukowski, Rutger Bregman…), l'adaptation du roman Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, le documentaire réalisé par Frederick Wiseman Ex libris, The New York Public Library)
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » sam. sept. 22, 2018 2:06 pm

une autre petite vidéo bien cool sur spinoza !
(je viens de m'abonner à cette chaine you tube, que j'ai trouvé en faisant une recherche sur Leibniz, titillé d'ailleurs par ce sujet suite à mon visionnage récent de la série japonaise animée Ergo Proxy qui brasse pas mal de thèmes philosophiques :mrgreen: ) charmante petite chaine you tube qui en peu de minutes fait ressortir l'essentiel des philosophes ; bon c'est bien pour introduire

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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar Maedhros » dim. nov. 18, 2018 6:47 pm

Dans le vent, la présence de Spinoza

Le 21 février 1677 s’éteignait à l’âge de 45 ans Baruch Spinoza, l’un des plus grands maîtres de philosophie, nous rappelait il y a quelques jours notre chroniqueur Daniel Guillon-Legeay. A cette occasion, il a publié sur son blog une petite introduction à la pensée spinoziste et a indiqué trois ouvrages de référence pour mieux connaître l’auteur de L’Ethique.

Il y a 341 ans, le 21 février 1677 s’éteignait à l’âge de 45 ans Baruch Spinoza, l’un des plus grands maîtres de philosophie. Depuis, la terre a connu bien des révolutions, l’océan a continué de ronger nos côtes et d’engloutir force navires, et le soleil immobile de poursuivre sa course d’est en ouest ; oui, mais la philosophie de Spinoza qui vise à replacer l’homme au coeur de la Nature et au centre de sa vie est demeurée bien vivante ! Aujourd’hui encore, elle inspire artistes, philosophes et scientifiques.

Baruch Spinoza est l’auteur d’une philosophie exigeante et complexe. La vertu, nous enseigne Spinoza, ne réside point dans une vie d’obéissance à la morale, mais dans la capacité à augmenter sa puissance d’agir. Il ne s’agit pas de se soumettre à la volonté d’un Dieu autoritaire ni à des catégories transcendantes ; il s’agit d’user de sa raison pour comprendre le monde et conduire sa vie vers le plus de joie possible.

Cela n’aurait guère de sens de tenter en quelques lignes un vague résumé de sa doctrine. Il n’empêche que lorsque l’on commence à lire Spinoza, on sent comme un vent qui balaie tout sur son passage et, vous poussant dans le dos, vous incite à avancer, à sauter des barrières, à oser penser différemment. En tout cas, c’est l’effet que cela m’a fait. Depuis trente-cinq ans, je ne m’en suis – heureusement ! – pas remis.

Je me bornerai ici à mentionner quelques points saillants de sa doctrine qui ont changé ma vie, ma façon de comprendre le monde des hommes ainsi que la force de la philosophie.

Tout d’abord, la conception de Dieu que propose Spinoza. Pour lui, Dieu existe absolument et nécessairement. En apparence, Spinoza semble s’accorder avec la plupart des grandes religions et des philosophes. Mais en vérité, Spinoza affirme que Dieu n’existe que philosophiquement, c’est-à-dire comme principe de productivité et d’intelligibilité du réel, et non comme un juge et un monarque agissant selon des lois arbitraires, protecteur et garant de l’existence humaine. «Deus sive Natura» : en osant assimiler Dieu à la Nature, Spinoza introduit un bouleversement radical : il n’y a pas de causes finales dans l’Univers ; Dieu n’agit pas intentionnellement en vue de fins quelconques, et les choses n’existent pas en vue de quelque raison ordonnée préétablie. L’ordre des choses découle simplement de l’essence, de la nature de Dieu par un déterminisme implacable. Cette conception de Dieu rejoint les grandes sagesses traditionnelles (par exemple, le concept d’interdépendance central dans la métaphysique navajo comme pour celle que développe le bouddhisme). Elle permet également de penser avec force et cohérence une véritable écologie planétaire.

De même, j’aime beaucoup la conception originale que Spinoza développe sur l’épineuse question de l’union entre l’esprit et le corps. Il comprend qu’il ne s’agit pas là de deux réalités distinctes et indépendantes, mais de deux modes complémentaires de l’existence; exister, c’est tout ensemble agir et comprendre, respirer et penser (l’un ne va pas sans l’autre). Je renvoie mes lectrices et lecteurs à deux de mes articles sur la question ; La grande santé rédigé juste après les attentats de novembre 2015 (il existe un rapport entre ces deux questions de métaphysique et de politique), et « L’esprit et le corps selon Spinoza » qui expose un point central de la métaphysique et de l’éthique de Spinoza concernant l’union de l’esprit et du corps.

Ensuite, la conception que Spinoza développe de la morale m’apparaît également décisive. Ce qui compte, ce n’est pas de se soumettre à des normes transcendantes, mais de faire grandir en soi le désir et de l’éclairer par la raison pour plus d’efficacité et de productivité : « Nous ne désirons pas une chose parce que nous la jugeons bonne, mais nous jugeons bonne une chose parce que nous la désirons » ( Ethique, 3,9). Spinoza repense à nouveau frais le problème de la valeur et du désir. Spinoza fait valoir la force du désir de chacun. Est-ce la valeur qui détermine le désir ou, à l’inverse, est-ce le désir qui détermine la valeur ? Chaque homme est singulier, différent des autres et chacun, en fonction de sa nature, de sa complexion, recherche tel objet plutôt que tel autre qui s’accorde à son désir. Il n’y a donc pas d’objet désirable en soi, ce qui est « bien » ou « mal » en soi, mais seulement ce qui est « bon » ou « mauvais » pour chacun.

Enfin, sa philosophie politique. Partant d’une critique des textes de la Bible et des autorités théologiques et politiques, Spinoza fait voir comment ces dernières se servent de la religion dégradée en superstition pour asseoir leur pouvoir et enchaîner les hommes. Il faut comprendre ce mécanisme d’oppression. C’est l’objet de mon article « La critique de la superstition ». Dans sa réflexion de philosophie politique, Spinoza aboutit à une défense du régime démocratique et à une conception de la laïcité à laquelle nous devons beaucoup, même si nous l’avons oublié. C’est ce que j’ai cherché à mettre en évidence dans mon texte Etat, liberté et laïcité. La conception de l’Etat de droit qui est la nôtre emprunte beaucoup aux conceptions de Spinoza, notamment grâce à la lecture qu’en ont fait Rousseau et Diderot.

Pour celles et ceux qui désireraient s’initier à la pensée de Spinoza (d’un abord peu aisé, il faut le reconnaître, et notamment son oeuvre maîtresse, L’Ethique), je recommande trois ouvrages de vulgarisation :

Pierre-François Moreau, Spinoza, éd. Seuil(pédagogique et percutant);
Gilles Deleuze, Spinoza, philosophie pratique, éd. de Minuit (lumineux).
Frédéric Lenoir, Le miracle Spinoza, éd. Fayard (à la mode, clair mais peu original).
Je m’étais promis de faire bref, mais me voici déjà embarqué. Vous aussi, vous le sentez ce vent qui me pousse dans le dos ?


http://iphilo.fr/2018/02/25/dans-le-vent-la-presence-de-spinoza-daniel-guillon-legeay/?fbclid=IwAR0IaK5nz_BB_3dBl4HYfqcOTZCSbBcv-SIsZNI10DBoY1FNcK9-stpYJx4
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » dim. nov. 18, 2018 7:11 pm

très bon article
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar Maedhros » dim. nov. 18, 2018 7:22 pm

phoenlx a écrit :très bon article


content que su soit content, j'ai trouvé un groupe privé facebook sympatique sur spinoza Comprendre la philosophie de Spinoza. Voici le lien si sa t'intéresse https://www.facebook.com/groups/3861143 ... Svl1bjv3r0
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Re: Baruch Spinoza ( + petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » dim. nov. 18, 2018 8:16 pm

merci j'irai faire un tour :D
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Re: Baruch Spinoza (+ petit débat sur le déterminisme)

Messagepar phoenlx » jeu. févr. 07, 2019 6:28 pm

La dernière vidéo du youtubeur science-étonnante concerne le libre arbitre : existe-t'il ? n'existe-t'il pas ? Je la poste dans ce topic car initialement quand je l'avais créé, outre le fait d'évoquer la philosophie complexe de Spinoza, j'avais voulu aussi aborder cette question, qui est d'ailleurs l'un des thèmes fort chez Spinoza (qui répondrait en gros oui et non, un peu comme moi :lol: )
pour ma part vous connaissez ma conception, je pense depuis longtemps qu'il n'existe pas et que c'est une espèce d'illusion :mrgreen:
je vous poste la vidéo de notre ami science-etonnante, un peu courte malheureusement (10 minutes seulement) j'aime en général beaucoup ses vidéos à lui mais ce n'est pas celle que je préfère car c'est un thème très complexe qui mériterait au moins une heure de synthèse, et encore, ce serait très résumé. Mais comme mini introduction c'est pas mal



Je me retrouve en fait totalement dans la vision de l'internaute qui a posté un commentaire sous la vidéo (et qui répond à l'argument qui consisterait à dire "attention à nier le libre arbitre, car les gens viendraient à faire n'importe quoi" ..

Azertyuiop Poiuytreza a écrit :Remettre en cause le déterminisme et (donc) admettre l'existence du libre abrite c'est remettre en cause le principe même de causalité. La volonté résulte de cause. Un exemple: si j'ai faim. Mon corps détecte que l'estomac est vide, mes instincts décrète que j'ai besoin de manger pour vivre, mon cerveau élabore le sentiment de faim, et j'affirme avoir la volonté de manger. C'est un stade primaire de volonté. A des stades plus évolué de volonté du type "je veux manger sur le coté droit du canapé en short bleu en regardant un épisode de Breaking Bad avant de me doucher avec du savon aux pommes en écoutant la 5ème symphonie de Beethoven" il existe aussi des causes, plus difficiles à établir, mais il existe des causes quand même. Parfois, la volonté est d'un stade tellement évolué, surtout chez l'homme, que l'on en oublie les causes. D'où la célèbre phrase de Spinoza: "les hommes se croient libre parce qu'ils sont conscients de leurs actes mais ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés. Le dualisme est une théorie débile qui n'a aucun fondement, et qui est totalement incompatible avec l'état des connaissances scientifique actuelle (ne serait que la théorie de l'évolution). Descartes a inventé le dualisme uniquement parce qu'il ne supportait pas, lui le grand esprit, d'avoir la même nature spirituelle qu'un animale et à fortiori qu'un cailloux. La phrase de Hawking s'applique au fataliste, pas au déterministe. Si les gens qui ne croient pas aux libre-arbitre triche en moyenne plus, c'est parce qu'ils sont plus intelligent que les autres, c'est tout. On aura fait l'expérience entre les gens qui croit à l'homéopathie, au fantôme ou autre débilité et aurait eu les mêmes résultats. (Je m'excuse auprès de tout les gens que j'ai insulté et il y en a, hélas, beaucoup). Pour ce qui est du fait que une société où on ne croirait pas au libre arbitre serait dangereuse, c'est tout le contraire. Comprendre pourquoi une personne agit comme elle agit, c'est faire preuve d'humanisme. Personne ne peut nier que les meurtriers n'agissent pas du fait de cause. Certains tuent par maladie: ils ont une pulsion de mort qu'il combatte (car demeure des êtres sensibles) mais n'arrive pas à vaincre ; ils ont des hallucinations et tuent des gens en pensant qu'il s'agit de monstres féroces; etc. On ne va pas les accuser d'être responsable d'être malade, je pense. Or la maladie est une cause parmi d'autre et, de manière générale, on ne peut reprocher à personne la responsabilité des causes par lesquelles ils agit. Si on met en prison un violeur, un meurtrier ou un voleur, ce ne doit pas être pour lui faire mal, pour le punir "parce qu'il le mérite", mais 1) parce qu'il représente un danger pour la société et qu'il faut l'en écarter, 2) pour lui donner le temps de réfléchir (la réflexion permet de s'affranchir de certaine cause comme celle provenant de l'éducation notamment) 3) Pour dissuader, c'est à dire pour ajouter une cause d'une ampleur suffisamment importante pour qu'elle annule celle qui aurait déterminée l'individu à commettre un acte illégal.
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