Je me suis occupé de voir ce film d’animation hier soir et j’ai bien apprécié cette réalisation de Mamoru Hosoda que j’ai vu en VOSTFR

. J’ai testé la VF avec Louane mais ça donne plus envie de dire dégage donc de là miss Start Talent, du balais

. Il aurait probablement mieux valu que nous ayons Anaïs Delva par exemple.
Concernant l’animation, c’est visuellement du très beau et l’on pourra encore bien admirer toute la récréation paysagère mais aussi la conception de ce monde virtuel qu’est U, que l’on pourrait peut être apparenté à Meta. En tout cas nous avons une matrice où l’on ne choisit pas son avatar, c’est plutôt la technologique qui permet de s’y transposer qui agit en fonction de notre for intérieur, c’est plutôt pas mal comme concept qui pourrait être aussi exploité pour un épisode de la série Black Mirror.
Dans cette matrice que nous découvrons, nous suivons le personnage de Belle avatar d’une jeune fille nommée Suzu qui n’a pas été épargnée par la vie et se trouve un bon refuge avec la popularité qu’elle gagne dans cet espace, une popularité qui n’est pas sans la faire paniquée tellement il se passe quelque chose de particulièrement incroyable, c’est même fulgurant, un peu trop d’ailleurs

. Mamoru Hosoda s’est vraiment pas embarrassé d’une quelconque évolution à ce sujet, ce qui l’intéressait ici c’est surtout de faire certaines évocations avec déjà un dépassement à connaître quand on constate un grand blocage de Suzu dont l’origine est un évènement tragique de son enfance, une douleur qu’elle doit transcender pour murir, nous avons une bonne dose d’initiatique par rapport à ceci. Il s’agit de comprendre la valeur de l’esprit sacrificiel et en parallèle nous avons non pas une critique de la société japonaise mais de l’humanité dans son ensemble en fait avec la capacité de tout être humain à être dans la critique facile, le jugement, l’expression de sa jalousie mais aussi le fait d’être indifférent à certaines choses. Là-dessus cependant il aurait pu être possible de s’y attarder un peu plus, ça manque par exemple de la nuisance qui peut exister sur les réseaux sociaux avec le harcèlement. Nous avons un petit moment qui fait quelque peu penser à du harcèlement justement mais il s’efface assez rapidement avec des excuses, il y a une sous exploitation mais évidemment c’est parce que ce qui intéressait le réalisateur c’est tout autre chose, c’est un film prétexte à parler d’un sujet assez terrible comme nous pouvons le voir
On voit bien que ça devait lui tenir à cœur plus que de développer le fonctionnement de cet univers virtuel pour lequel nous avons quelques zones d’ombres.
Concernant le développement de l’histoire d’ailleurs il est vrai que ça présente un petit côté chaotique, nous avons une part de rush, il aurait pu être bon que ça prenne plus de temps mais après ça passe quoi qu’il en soit malgré les petits défauts que l’on peut relever, ce n’est clairement pas mauvais dans l’ensemble et nous avons une bonne part de poignant

. Sinon on peut également apprécier sa revisite de la Belle et la bête avec des séquences qui rappellent bien le film Disney. Et pour cette bête, autant on peut considérer que l’on pourrait avoir un avatar bien différent mais ça représente une rage intérieure fortement contenue qui explose dans le virtuel comme ça peut être le cas quand on se lâche bien d’une manière ou d’une autre

. On a quelqu’un de profondément meurtri dont les ecchymoses se font visibles jusque dans le virtuel en étant bien esthétisées, ces blessures sont très colorées et ça fait un parti pris esthétique pas mal à voir également.
Au final même si tout n’est pas parfait, nous faisons un bon plongeon dans cet univers bariolé composé de visiteurs aux apparences très variées et de tous horizon, on se limite pas au Japon d’ailleurs (ça forme évidemment une touche woke mais pas dérangeante comme ailleurs ici), par contre faut dire ce qui est, nous avons pas mal d’apparences assez étranges pour caractériser le for intérieur de chacun

. Et avec ça on peut également penser aux yokais, ça nous forme un sacré bestiaire, ils se sont bien amusés là-dessus je pense. Bref, avec cette plongée c’est de quoi faire ressortir bien des éléments par rapport à l’identité, aux épreuves dont il faut savoir ressortir plus fort, le possible abus de pouvoir mais aussi en plus d’autres évocations, s’intéresser à un sujet de société assez terrible et où il ne suffit pas de dire ça va s’arranger, ou ceci, ou cela pour que la situation s’améliore, il s’agit de faire beaucoup plus pour aboutir à une action salvatrice. Enfin voila, par le biais de l’expérience proposé le réalisateur nous livre plutôt bien son message et ça nous fait clairement une bonne œuvre de sa part à nouveau

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