Smaug the stupendous a écrit :Le "de Charybde en Scylla" est un problème spécifique à la version française (il me semble qu'on aussi "Après la peste, le choléra..." dans certaines versions) car dans la version originale, c'est "Out of the Frying Pan, Into the Fire" (littéralement: Hors de la poêle à frire, dans le feu), qui est tout à fait raccord avec l'univers.
En fait, ce n'est pas du tout un problème, bien au contraire puisqu'on peut dire qu'il s'agit de la traduction officielle et littéraire du terme (c'est en fait la même expression dite de deux manières différentes selon qu'on est anglais ou français :
https://www.wordreference.com/enfr/out% ... the%20firePrincipales traductions
Anglais Français
out of the frying pan,
into the fire expr figurative (from one danger to another) (d'un danger à l'autre) de Charybde en Scylla expr
de mal en pis expr
Une anecdote intéressante est à notée à ce sujet. Dans le Hobbit, version Peter Jackson, une séquence s'appelle Out of the Frying Pan, Into the Fire et décrit le chapitre où Thorin et Cie tentent d'échapper aux orcs en montant en haut des arbres ... On notera que PJ a repris tel quel le nom du chapitre de JRR Tolkien dans The Hobbit.
Tout ça pour dire que Out of the Frying Pan, Into the Fire est en fait la "traduction" anglaise - et réciproquement - littéraire à notre expression "De Charybde en Scylla" , signifiant "de mal en pis", qui est également donc la traduction de "Out of the Frying Pan, Into the Fire" - du nom de deux dangers très proches l'un de l'autre en Grêce antique - je crois de mémoire un typhon marin et une bande de récifs mortels (avec un monstre de type hydre dragon je crois), le navire conduit par Ulysse doit coup sur coup les éviter. A vérifier.


enfin, tout ça pour dire que cela n'est donc pas du tout un problème car ces deux expression signifient toute deux qu'il y a soit deux possibilités de choix mais que chacun recèle un terrible danger à surmonter soit deux épreuves terribles à surmonter l'une après l'autre.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charybde_et_ScyllaDepuis Homère, Charybde et Scylla forment deux termes associés, à la fois opposés et complémentaires. Scylla est une haute roche fixe qui se dresse jusqu'au ciel ; Charybde gît dans les profondeurs de la mer, telle une masse liquide descendant et remontant par mouvements de spirales. Ces deux dangers qui menaçaient les marins ont été dès l'Antiquité identifiés par Thucydide à « la passe redoutable, étant donné son étroitesse et ses courants » que nous appelons aujourd'hui le détroit de Messine. Ce tourbillon et ce récif sont signalés sur nos cartes marines et définis par les Instructions nautiques : « La rencontre de deux courants opposés produit, en divers endroits du détroit, des tourbillons et de grands remous appelés garofali. Les principaux garofali sont sur la côte de Sicile, entre le cap du Faro et la pointe Sottile, avec le jusant, et devant la tour de Palazzo, avec le flot ; ce dernier garofalo est très fort : c'est le Charybde des Anciens »7.
Suivant les instructions de Circé, Ulysse a doublé les sirènes en qui des navigateurs expérimentés reconnaissent les Galli, et mis le cap sur Scylla : c'est une roche qui apparaît à bâbord, avant la porte étroite donnant accès au sud. Elle aussi est signalée par nos modernes Instructions nautiques : « La ville de Scilla est bâtie en amphithéâtre sur les falaises escarpées d'une pointe saillante au Nord ». Sur ce promontoire élevé et rocheux, les Grecs ont imaginé le monstre Scylla en son antre. À mi-hauteur, se trouve en effet une grotte et la falaise résonne des coups de boutoir que lui assènent les vagues déferlantes8.
Notons aussi les nombreuses interprétations philosophiques, parfois alchimiques, à la fois païennes et chrétiennes, dont Scylla et Charybde ont été l'objet depuis l'Antiquité, notamment chez Héraclide du Pont, Eustathe et Christophe Contoléon9.
Au XXe siècle, le philosophe Emmanuel d'Hooghvorst les commente lui aussi en ce sens : « En oniromancie grecque, les dents signifient les os. Dans chacune de ses gueules, ce monstre [Scylla] a trois rangées de dents : c'est la triple série des vertèbres de l'homme, dont deux sont mobiles, et une fixe. “En ces dix-neuf vertèbres mobiles, j'use ma vie en vanité de ce siècle”, dira cet homme solitaire. Tel est le péril, tel est le piège des âmes »10.
Garçon.
il nous faut devenir adultes pour comprendre que les adultes n'existent pas et que nous avons été élevés par des enfants que l'armure de nos rires rendaient faussement invulnérables.(Christian Bobin)